Action de soutien d'étiage des lacs-réservoirs en 2018

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11/02/2019 Vie de l'EPTB Partager
Action de soutien d'étiage des lacs-réservoirs en 2018

Le syndicat mixte EPTB Seine Grands Lacs est propriétaire et gestionnaire de quatre lacs-réservoirs établis sur la Seine, la Marne, l’Aube et l’Yonne. La gestion de ces ouvrages s’organise en cycles annuels de vidange-remplissage, afin de garantir la réalisation d’une double mission : atténuer l'effet des crues (protection contre les inondations de la Seine et de ses principaux affluents) et maintenir toute l’année un débit suffisant dans ces mêmes cours d’eau (soutien des débits d’étiage).

L’année 2018 a été marquée par deux phénomènes de grande ampleur ayant pleinement mobilisé les capacités de stockage des lacs-réservoirs :  une crue de l’ensemble du bassin de la Seine en janvier-février 2018 (pour laquelle les quatre lacs-réservoirs ont joué un rôle majeur d’écrêtement des débits en amont du bassin, permettant une baisse très significative des niveaux d’eau en aval, notamment sur l’agglomération parisienne), mais aussi un étiage sévère et généralisé ayant nécessité un soutien depuis les lacs-réservoirs de début juillet jusqu’à début décembre, mobilisant 90 % du volume stocké.

  • Pourquoi un soutien d’étiage ?

En été et en automne, du fait des faibles volumes habituels de précipitation et d’un accroissement des besoins en eau de la végétation, le débit des cours d’eau diminue, jusqu’à atteindre parfois des seuils critiques pour la continuité des usages dans tous les secteurs concernés :

  1. Alimentation en eau potable (6,5 millions de personnes concernées en Ile de France),
  2. Prélèvements industriels (notamment pour le refroidissement, dont celui des centrales nucléaires, mais aussi l’alimentation d’installations de climatisation par exemple),
  3. Irrigation des cultures,
  4. Navigation.

Maintenir un débit suffisant dans les cours d’eau est également un enjeu majeur pour assurer la dilution des différents rejets, dont les effluents issus des stations d'épuration, afin de maintenir une qualité suffisante de l’eau et des milieux aquatiques, en particulier pour la survie piscicole, mais aussi certaines activités de loisir.

Une des missions de l’EPTB Seine Grands Lacs est donc de contribuer à maintenir un débit suffisant dans les cours d’eau régulés afin de garantir la qualité de l’eau et le maintien des différents usages.

Cette phase dite « de soutien d’étiage » consiste à relâcher de façon continue l’eau qui a été stockée dans les lacs-réservoirs durant la phase de remplissage, à savoir pendant l’hiver et le printemps.

  • Sur quelle période est pratiqué le soutien d’étiage ?

Cette phase se déroule théoriquement du 1er juillet au 31 octobre, mais est très fréquemment étendue sur une période plus large pouvant débuter dès le mois de mai et se prolonger jusqu’en décembre. La décision de démarrer ou prolonger le soutien d’étiage au-delà des dates théoriques dépend des conditions hydrologiques, des prévisions météorologiques, et intervient lorsque la valeur des débits observés en rivière devient trop faible.

Sur chaque station de mesure, des seuils de vigilance ont été définis par arrêté préfectoral. Lorsque le débit en rivière franchit ces seuils, des restrictions d’usages graduées sont imposées. A l’approche des seuils de vigilance sur des stations sensibles du bassin, les restitutions sont donc ajustées et revues à la hausse pour maintenir les débits au-delà des seuils, ce qui permet généralement d’éviter toute mesure réglementaire de restriction des usages sur le bassin amont de la Seine alors que ces dispositions sont de plus en plus fréquentes et nombreuses sur d’autres territoires partout en France.

  • Que représente le soutien d’étiage ?

Les lacs-réservoirs disposent, théoriquement au 1er juillet, d’un volume total de 810 millions de m³ d’eau destiné au soutien des étiages, dont 54 millions de m³ stockés en « tranche de réserve » et mobilisables en cas de soutien d’étiage tardif au-delà de la date théorique du 31 octobre.

Ce volume correspond à un débit cumulé restitué maximum de 68 m³/s, et représente une large part du débit observé sur les axes régulés : près de 50 % du débit observé dans la Seine à Paris, et plus de 80 % du débit observé en aval des lacs-réservoirs dans la Seine à Troyes et la Marne à Châlons-en-Champagne.

  • Le soutien d’étiage depuis les lacs-réservoirs en 2018

Le volume stocké dans les lacs à l’issue de la phase de remplissage 2017-2018 a atteint 766 millions de m³ (soit un taux de remplissage de 95 % au 1er juillet 2018), permettant d’engager la phase de soutien d’étiage avec un volume disponible confortable. Entre juillet et novembre, les lacs-réservoirs ont restitué en cumulé jusqu’à 68 m3/s sur la Marne, la Seine, l’Aube et l’Yonne.

La centrale nucléaire située à Nogent-sur-Seine nécessite une vigilance particulière car son refroidissement n’est possible qu’avec un débit en Seine suffisamment élevé. Sans l’action des lacs Seine et Aube situés en amont, le débit naturel (mesuré à la station de Pont-sur-Seine, la plus proche) aurait été inférieur au seuil de crise du 1er août au 1er décembre, provoquant l’arrêt de la centrale pendant toute cette période.

La reconstitution présentée dans le graphique suivant permet d’illustrer l’effet des lacs-réservoirs sur le débit des cours d’eau, en comparant le débit qui aurait été observé en rivière sans soutien d’étiage (issue de reconstitutions sur la base de modélisations hydrauliques), aux seuils de vigilance imposant des restrictions d’usages. A Pont-sur-Seine, les restitutions ont ainsi représenté en septembre près de 80 % du débit observé dans la Seine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’étiage 2018 a été particulièrement long et sévère, et se caractérise par des valeurs de débit moyen mensuel les plus basses de ces 40 dernières années sur la Marne et l’Aube. Les graphiques ci-dessous montrent les débits observés (courbe rouge) comparés aux débits statistiques (la courbe verte en particulier, la plus basse sur les graphiques, indique les débits les plus faibles, observés en moyenne une fois tous les 20 ans). La remontée des débits qui est habituellement observée en novembre (courbe pointillée noire) s’est produite très tardivement en 2018 (début décembre seulement).

En conséquence, le soutien d’étiage a été prolongé de plus d’un mois, mobilisant 63 millions de m³ supplémentaires pour assurer la continuité des usages. Pour assurer un soutien d’étiage aussi prolongé, permettant de maintenir l’ensemble des usages sur le bassin amont de la Seine, il a fallu procéder à de multiples ajustements afin de maintenir un stock d’eau suffisant dans les lacs en fin de saison.

 

 

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