Interview de Valéry Molet, Directeur général de l'EPTB Seine Grands Lacs

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25/10/2018 Vie de l'EPTB Partager
Interview de Valéry Molet, Directeur général de l'EPTB Seine Grands Lacs

A l’occasion de la sortie du site episeine.fr, Monsieur Valéry MOLET, Directeur Général de l’EPTB Seine Grands Lacs, répond à 5 questions.
(Interview réalisée le 16 octobre 2018.)

episeine.fr a été mis en ligne. Quels sont vos objectifs pour cette opération ?

C’est un outil pérenne d’information, de mobilisation, pour répondre à un enjeu de pédagogie permanente du plus grand nombre sur la thématique des inondations. Nous sortons du réseau des professionnels de l’eau, du cadre de la pure expertise, tout en luttant contre les préjugés et les idées fausses.

Nous voulons sensibiliser le grand public, les entrepreneurs, les agriculteurs, le monde politique, les institutionnels… afin qu’une connaissance experte devienne demain une connaissance du plus grand nombre.

 

Quelles furent les motivations qui ont conduit l’EPTB Seine Grands Lacs à développer ce dispositif ?  

Nous pouvons construire tous les ouvrages structurants possibles, mais cela ne résoudra que partiellement le problème, comme l’ont encore malheureusement montré les situations désolantes des communes de l’Aude dévastées le 15 octobre dernier, même si ce territoire n’est pas confronté aux mêmes évènements que l’Ile-de-France.

La pédagogie a donc un rôle très important. Il faut expliquer que les inondations du bassin de la Seine, ne sont pas une fatalité. Sinon, nous sommes face à des peurs irrationnelles.

C’est aussi donner sa juste place aux citoyens dans la prévention du risque. C’est un changement d’approche culturelle : s’ouvrir et s’appuyer sur la société civile, considérer les citoyens comme des adultes, qui ne concerne d’ailleurs pas seulement l’EPTB mais tous les grands syndicats publics.

Comment s’articule ce nouvel engagement avec les missions classiques de l’EPTB Seine Grands Lacs ?

Dans mon esprit, ce n’est pas une activité annexe mais une mission nouvelle à part entière, qui participe de la même logique que la gestion des ouvrages. La sensibilisation fait partie intégrante de notre travail, tout converge vers cela. Bien sûr, nous avons nos missions historiques de gestion des lacs réservoirs, mais elles ne se suffisent pas à elles-mêmes. Aujourd’hui, il ne peut pas y avoir de bonne politique sans bonne communication.

Comment associerez-vous les territoires et les acteurs locaux à cette opération ?

EPISEINE est un outil de communication numérique, nous devons nous projeter vers l’extérieur. Je souhaite réunir en 2019 les chambres consulaires sur les territoires, faire des séminaires dans les conseils départementaux, aller vers les élus, la population…

Nous sommes conscients du fait que l’EPTB ne pourra pas tout faire. Nous avons évolué, d’un syndicat interdépartemental à un syndicat mixte. Des EPCI nous rejoignent. L’EPTB a vocation à poursuivre sa transformation, sa modernisation et à prendre toute sa place dans les dispositifs d’informations grand public. 

Quelle est l’ambition de l’EPTB Seine Grands Lacs pour le dispositif EPISEINE ?

Quels sont nos critères de réussite ?  Réaliser les missions pour lesquelles nous sommes mandatés ; affirmer encore davantage la légitimité de l’EPTB ; faire prendre conscience à une partie au moins de la population que nous sommes dans une zone de risque, qu’il faut s’impliquer, mais qu’on peut le faire de manière rationnelle.

Il ne faut pas réagir par la peur mais prévenir le risque de façon intelligente. Bien sûr, nous ne sensibiliserons pas les 12 millions de Franciliens d’un coup. Nous nous sommes fixés des objectifs raisonnables dans un premier temps : sensibiliser quelques dizaines de milliers de personnes, toucher des décideurs… Des objectifs volontaristes, qui donneront une légitimité supplémentaire à notre travail.

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