POINT SUR LA GESTION DES LACS-RESERVOIRS au 5 janvier 2018

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05/01/2018 Inondation Partager
POINT SUR LA GESTION DES LACS-RESERVOIRS au 5 janvier 2018

Le bassin de la Seine a connu un mois de décembre arrosé avec des cumuls mensuels supérieurs de 30 à 60 % aux normales saisonnières, ce qui a contribué à la saturation des sols.

Pluviométrie

Le bassin de la Seine a connu un mois de décembre arrosé avec des cumuls mensuels supérieurs de 30 à 60 % aux normales saisonnières, ce qui a contribué à la saturation des sols.

Depuis le 29 décembre, plusieurs dépressions se sont enchainées, entrainant des précipitations intenses et généralisées sur l’ensemble du bassin-versant de la Seine amont. A titre d’illustration, les précipitations sur la période du 29 décembre au 4 janvier ont représenté 83 mm à Langres, soit l’équivalent du mois de janvier accumulé en 6 jours.

L’épisode pluvieux se poursuit le vendredi 5 janvier, puis, aucune précipitation significative n’est prévue dans les jours suivants.

Réaction des cours d’eau

En Île-de-France, les affluents franciliens réagissent à ces précipitations, entrainant une hausse des rivières principales. Ainsi le tronçon Marne aval est en vigilance jaune depuis le 2 janvier et Paris depuis le 3 janvier. La cote de la Seine actuellement enregistrée à Paris atteint plus de 3,10 m.
Le bassin de l’Yonne réagit également aux dernières précipitations intenses et est depuis le 4 janvier placé en vigilance orange.
En région parisienne, la hausse va se poursuivre et s'intensifiera durant les jours à venir avec l’arrivée de l’onde de crue en provenance de l’Yonne. Selon le Service de prévision des crues, la cote devrait dépasser les 4 m d'ici le début du week-end.
 
Pour mémoire, en juin 2016, le niveau à Paris a atteint 6,10 m et 8,62 m en janvier 1910.

Gestion des lacs-réservoirs

En amont des lacs-réservoirs, les débits en rivière augmentent depuis le début du mois, mais les maximums ne sont pas encore atteints, et la hausse va se renforcer suite aux précipitations intenses enregistrées les 3 et 4 janvier.

Les quatre lacs-réservoirs stockent une partie du débit depuis le début de l’évènement, et leur action s’intensifie au fur et à mesure de l’augmentation des débits en rivières. Les débits prélevés à ce jour se font en conformité avec les débits de référence que l’EPTB se doit de respecter. Le 5 janvier, les volumes stockés sont déjà supérieurs de 46 millions de m3 par rapport aux objectifs des règlements d’eau et ce décalage va s’accroitre dans les prochains jours, ce qui est normal en période de crue et atteste du pouvoir effectif d’écrêtement des ouvrages. A cette période de l’année, les capacités de stockage dans les lacs sont importantes, mais il importe de les utiliser à bon escient dans le respect des règlements d’eau, car les événements de crues peuvent se prolonger, voire s’enchaîner.

A la date du 5 janvier, le volume stocké dans les 4 lacs-réservoirs représente 329 millions de m³ (soit 39 % de la capacité totale) et le volume encore disponible pour l’écrêtement des crues est de 519 millions de m³. Les débits écrêtés et stockés représentent quant à eux 192 m³/s.

Le tableau ci-dessous résume la situation de stockage sur les quatre ouvrages gérés par l’EPTB :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Protection locale supplémentaire

Afin d’apporter une protection supplémentaire au tronçon court-circuité, c'est-à-dire le secteur de rivière situé entre la prise et la restitution, une partie du flux transite via les ouvrages (by-pass) sans y être stockée. Cette opération consiste à prélever un débit plus important et à en restituer une partie à l’aval, ce qui permet d’assurer une protection supplémentaire sur les tronçons court-circuités qui sont particulièrement vulnérables aux débordements, en particulier en amont de l’agglomération troyenne. Ces manœuvres ont été mises en place sur les trois lacs-réservoirs Marne, Aube et Seine et seront maintenues les prochains jours. Elles visent à protéger des enjeux locaux et sont évidemment sans aucune incidence sur l’aval, pour lequel seul comptent les débits réellement stockés.

La figure ci-dessous illustre la manœuvre de by-pass pour le lac-réservoir SEINE.

 

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