Le programme global d’aménagement

Pourquoi un projet dans la Bassée

A l’issue de la crue décennale de janvier 1982 ayant failli entraîner l’inondation du RER C et engendrer de nombreux désordres en grande couronne, de nouvelles solutions pour réduire le risque d’inondation en région francilienne ont été étudiées.
Il est apparu la nécessité de compléter le dispositif actuel de protection par une action menée en priorité sur l’Yonne et à l’aval de la confluence avec la Seine pour les raisons suivantes :

  •  l’Yonne se caractérise par des crues rapides et violentes, avec des débits de pointe plus élevés que ceux de la petite Seine (c’est-à-dire de la Seine à l’amont de la confluence Seine-Yonne) et de la Marne,
  • les crues de la Marne, de l’Aube et de la Seine, crues de plaine à la cinétique lente, sont déjà en partie amorties par l’effet des lacs-réservoirs existants et des champs naturels d’expansion des crues (Bassée amont, Marne moyenne).

Les crues exceptionnelles de l’agglomération parisienne proviennent généralement de la conjugaison des crues de l’Yonne et de la Seine (à Montereau-Fault-Yonne) puis des crues de la Marne. À Paris, le pic de crue de la Seine correspond presque toujours (surtout pour les fortes crues) au pic de crue de l’Yonne.
Le rôle prépondérant de l’Yonne et l’importance des dommages possibles provoqués par ses crues conduisent à intervenir en priorité sur cette rivière, en recherchant une solution optimale, notamment par une action complémentaire à celle des lacs-réservoirs situés en amont.

 

Des projets sur le bassin de l’Yonne

Ainsi, plusieurs scénarios alternatifs ont été étudiés :

  • un ensemble de trois grands barrages sur la vallée de l’Yonne,
  • un ensemble de 60 à 80 zones de ralentissement dynamique sur le bassin de l’Yonne.

Bien que la réalisation de grands barrages sur l’Yonne présente une efficacité importante contre les crues, ce type d’aménagement présente des incidences fortes sur l’environnement.
Les zones de ralentissements dynamiques sont efficaces pour gérer les crues faibles à moyennes, mais leurs incidences sont limitées pour les crues plus fortes (telles que des crues type janvier 1955 ou 1910).
Ainsi, l’étude comparative entre les différents scénarios montre l’intérêt de réaliser en priorité l’aménagement de la Bassée afin de réduire le risque inondation en région Île-de-France, solution permettant une bonne efficacité hydraulique sur un large panel de crue (comparativement à la mise en place de 60 zones de ralentissement dynamique des crues) et permettant une incidence paysagère et environnementale moindre (par rapport à la création de 3 barrages sur l’Yonne).

Les différents projets sur l'Yonne

Des alternatives au projet sur le site de la Bassée

Différentes variantes d’alimentation gravitaire, pour remplacer le recours au pompage, sur le secteur de la Bassée ont également été étudiées :

  • Création d’un canal d’amenée depuis la Seine ou d’une conduite d’amenée depuis l’Yonne,
  • Rehaussement de la ligne d’eau par le barrage de Marolles ou de la Grande Bosse,
  • Retour aux conditions naturelles d’écoulement à l’aval de Bray,
  • Création d’une digue transversale à Marolles,
  • Limiter les hauteurs d’eau retenues dans les espaces endigués à moins de 1 m.

Ces différentes alternatives ne permettent pas de retrouver une efficacité contre les crues équivalente, ou présentent des coûts plus importants, sans possibilité de phasage de l’opération.
L’étude de ces alternatives a donc conduit à confirmer le choix d’alimentation par pompage.