Présentation technique
Présentation technique de la Bassée
Des enjeux majeurs pour l’Île-de-France
Mieux protéger
La région Île-de-France est encore vulnérable aux grandes crues, malgré l’action des quatre lacs-réservoirs de l'EPTB Seine Grands Lacs. Cette protection reste partielle du fait d’un contrôle de 17 % seulement du bassin-versant en amont de Paris, et de la maîtrise insuffisante de l’Yonne dont le barrage de Pannecière ne contrôle que 2 % du même bassin.
Un projet, deux objectifs liés par nature

L'ouvrage de la Bassée porte 2 objectifs principaux, indissociables :
- retenir les crues de la Seine pour réduire l'aléa inondation ;
- restaurer la zone humide exceptionnelle de la plaine alluviale de la Bassée.
Pour bénéficier du rôle fondamental des zones humides dans la régulation des crues, un fonctionnement hydraulique optimal supposerait une zone humide pleinement fonctionnelle. Ce n'est plus le cas de la Bassée en aval de Bray aujourd'hui. L'objectif écologique consiste à restaurer des milieux proches de ceux qui existaient auparavant et supportant la submersion.
Cet objectif écologique est donc indissociable de l'objectif hydraulique, le fonctionnement optimal des casiers impliquant un bon état hydro-écologique des zones de submersion.
Un ouvrage dédié aux crues
Le projet de La Bassée consiste à retenir les eaux de la Seine au moment du passage de la crue de l'Yonne en pompant et stockant dans des casiers l'eau de la Seine au moment du pic de crue.

Cet aménagement serait constitué d'unités de stockage (ou casier), remplies par pompage lors des fortes crues. Le projet comprend 58 km de talus de faible hauteur qui délimite 2 300 hectares d'aires de sur-stockage en aval de Bray-sur-Seine au plus près de la confluence. Le volume stockable pendant la pointe de crue de l'Yonne est estimé à 55 millions de m3.
La gestion de l'ouvrage est basée sur une prévision faite en temps réel fixée à 3 jours pour les crues de l'Yonne et de la Seine. L'ouvrage serait utilisé en moyenne tous les 5 à 6 ans, pendant 2 à 2,5 semaines
La gestion écologique de l'ouvrage
Cet objectif comporte deux volets :
- l'intégration de l'ouvrage par une éco-conception et une intégration paysagère et écologique recherchée,
- la gestion hydro-écologique de la plaine de la Bassée par des mises en eaux annuelles et contrôlées.
Intégrer une éco-conception des ouvrages
La conception de l'ouvrage intègrera les principes suivants :
- préservation des principales noues représentant un enjeu écologique, piscicole et cynégétique majeur ;
- reconnexion des principaux chenaux recoupés par les digues ;transparence des ouvrages pour la faune les animaux doivent pouvoir accéder aux digues ;
- aménagement de pelouses sèches sur les digues. Ce type de formation végétale très rare et riche en espèces remarquables se développe sur des sols filtrants, pauvres en matière organique ;
- création de prairies mésophiles sur les digues composées de sols sabloargilo-limoneux ;
La gestion hydro- écologique de l'ouvrage
La gestion du site redonnera à La Bassée un caractère écologique de plaine alluviale en milieu humide.
Les « inondations écologiques » ciblent des secteurs à fort potentiel écologique. Les zones cultivées, les sites de loisirs, les carrières en cours d'exploitation... et de manière générale les parcelles faisant l'objet d'un entretien intensif en seront exclus.
Pour être bénéfiques les inondations à vocation écologique doivent :
- être régulières ;
- avoir lieu entre janvier et fin avril ;
- sur des hauteurs d'eau raisonnables (quelques dizaines de cm) ;
- durer suffisamment longtemps (10 à 15 jours dans les parties moyennes, 30 à 60 jours dans les noues et les points bas) ;
Compatibilité avec les usages

L'ouvrage a pour vocation de rester compatible avec les usages (extraction de granulats, agriculture, loisir .....). La compatibilité avec les usages locaux a été assurée grâce à une concertation approfondie et continue tout au long des études.
Le projet permettra de structurer ce vaste territoire morcelé en offrant de nouvelles voies de déplacement.
Une intégration paysagère ambitieuse
La Bassée est une plaine alluviale morcelée, mosaïque de micro paysages répétitifs avec de très grandes qualités écologiques. L'ouvrage s'intégrera harmonieusement dans ce paysage naturel. Chaque espace sera bordé par des talus-digues en terre peu élevés. Des techniques de génie végétal ont été explorées pour 50 à 70 % du linéaire, comme alternative au génie classique des digues. Du côté inondable, le talus sera protégé par un enrochement végétalisé ou par d'autres techniques végétales.
L'intégration de l'aménagement dans un souci de développement durable a déterminé la localisation des ouvrages et le traitement paysager des talus-digues
Compatibilité avec les ressources en eau du site
La nappe de la Bassée représente un intérêt régional majeur en terme de réserve en eau, face à la dégradation des autres ressources.
L'Agence de l'eau poursuit une politique d'acquisition de terrains initiée en 1965 au titre de la préservation des ressources pour de futurs captages d'eau potable d'un maximum de 600 000 m3/jour.
L'étude des conditions nécessaires à une future exploitation des eaux souterraines a conclu à une compatibilité des ouvrages avec l'exploitation de la ressource.
Une efficacité démontrée
Cet ouvrage représenterait une baisse supplémentaire de 20 à 60 cm de hauteur d'eau en moins suivant les lieux et les crues.Sa mise en oeuvre au xxe siècle aurait évité au moins 7 milliards d'euros de dommages par débordement en surface. Pour l'avenir il permettra de protéger, de surcroît, de nombreux réseaux souterrains.
L'effet cumulatif des 5 ouvrages contribuera à maintenir le niveau de la Seine en-dessous des niveaux d'apparition des principaux dommages, notamment :
- une hauteur de 6,20 m à l'échelle d'Austerlitz qui correspond au début de l'inondation du RER C,
- une hauteur de 7,40 m qui correspond au niveau des murettes anti-crues en Petite Couronne.
Le coût de réalisation de cet aménagement - inscrit dans un développement durable à l'échelle d'une région - est estimé à un demi-milliard d'euros.
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