Sécurité
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LES MESURES DE SURVEILLANCE DES BARRAGES DE L’INSTITUTION
A la suite de la catastrophe de Malpasset en 1959, l'Etat a mis en place une réglementation qui vise à assurer la sécurité des populations à l'aval de certains aménagements hydrauliques.
changement
Jusqu’en 2007, cette réglementation prévoyait, pour les aménagements comportant un barrage ou une digue d'une hauteur d'au moins 20 mètres, des dispositions en matière de conception et de surveillance et inspection (circulaire interministérielle 70-15 du 14 août 1970).
Depuis cette date, la réglementation a évolué et les mesures de surveillance et inspection sont graduées en fonction des caractéristiques de l’ouvrage et les barrages de hauteur comprise entre 2 m et 20 m peuvent ainsi entrer dans le champ de la réglementation. Les textes de référence sont le décret du 11 décembre 2007 et l’arrêté du 29 février 2008 relatifs à la sécurité et à la sûreté des ouvrages hydrauliques.
Le décret du 11 décembre 2007 établit un classement des ouvrages en fonction de leur hauteur (H) et de la capacité de la retenue (V) selon les règles suivantes :
Classe | A | B | C | D |
Caractéristiques | H ≥ 20 m | H ≥ 10 m ET H² √V ≥ 200 | H ≥ 5 m ET H² √V ≥ 20 | H ≥ 2 m |
Le même décret précise les documents devant être établis périodiquement par l’exploitant de l’ouvrage et cette période se décline en fonction du classement de l’ouvrage :
Le rapport d’auscultation
L'auscultation d'un ouvrage qui a pour rôle d'en apprécier la sécurité a pour objectifs principaux:
- la surveillance pour suivre l’évolution de l’ouvrage et confirmer sa sécurité
- l'interprétation pour comparer les mesures aux prévisions de calculs et pour mieux comprendre le comportement de l'ouvrage à long terme.
Les principales grandeurs mesurées pour les ouvrages en terre Marne, Seine et Aube sont :
- des mesures hydrauliques (piézomètres, cellules)
- des mesures de contraintes sur le remblai et sur les galeries sous remblai (cellules)
- des mesures de déplacement et de tassement des digues et galeries sous digue
Les principales grandeurs mesurées pour l’ouvrage en béton de Pannecière sont:
- des mesures de déplacements et de tassement de la fondation et de la crête par pendules et repères topographiques.
- des mesures d’ouverture de fissure par extensomètres et fissuromètres
- des mesures hydrauliques (piézomètres dans la fondation et mesures des débits de fuite de l’ouvrage)
Le nombre total de dispositifs de mesure est d’environ 3775 :
- Lac Aube (1990) : 1850 dispositifs
- Lac Marne (1974) : 1125 dispositifs
- Lac Seine (1964) : 700 dispositifs
- Lac de Pannecière (1949) : 100 dispositifs
Ce qui, compte tenu des fréquences, conduit à environ 25 000 mesures annuelles qui sont relevées et saisies dans une base de données par l’exploitant.
Conformément à la nouvelle réglementation, le rapport d’auscultation ou rapport d’interprétation des mesures est établi par un bureau d’étude agréé pour ce type de mission.

Profil en travers de digue équipée de cellules de pression interstitielles – barrage Aube

Sortie de piézomètre – lac Aube

Déversoir de mesure sur fossé de pied – lac Aube

Pointe topographique – lac Marne

Pendule direct – lac de Pannecière
Le rapport de surveillance
Mais, en règle générale, l’auscultation ne concerne que quelques profils jugés représentifs du comporetement de l’ouvrage et ce dispositif doit obligatoirement être complété par une observation visuelle directe du bon comportement de l'ouvrage qui doit permettre de détecter des modifications de sa géométrie (déformation, gonflement, fissuration) et des modifications de son régime hydraulique ( suintements, écoulements).
Le rapport de surveillance est établi par l’exploitant et comporte plusieurs volets :
- les observations formulée par les agents chargés du contrôle sur le terrain qui sont consignées et font apparaître l’analyse du désordre, le type d’action à entreprendre et le suivi de cette action. Les observations reçoivent une codification permettant de juger du degré de gravité de l’anomalie.
- Les evénements particuliers survenus (crues majeures, pluie intense, tempête, gel, séisme) et les incidents constatés pouvant avoir une incidence directe sur le comportement des ouvrages ou sur leur mode d’exploitation.
- Les essais effectués sur les organes hydrauliques

Photo d’un désordre sur le canal d’amenée du lac Seine à l’aval du pont de la ploquetterie

Fissure suintante voûte rive gauche du lac de Pannecière prise dans la glace
La visite technique approfondie
Pour répondre aux exigences de la réglementation, la visite technique des ouvrages, qui concerne toutes les parties d’ouvrage classées, est organisée en principe en deux équipes :
- une équipe géotechnique et génie civil (GGC) constituée à minima par un ingénieur exploitant chargé du contrôle de l’ouvrage et un exploitant sur le site.
Lors de son parcours de visite, cette équipe, qui a une connaissance des résultats de l’auscultation de l’ouvrage, va s’attacher plus particulièrement aux zones mises en lumière par l’analyse de l’auscultation et aux constats effectués par l’exploitant lors des visites de surveillance. Les points qui seront plus particulièrement regardés sur les digues et les ouvrages de génie civil sont :
- état et forme du parement amont,
- état du pare-lame et évolution des fissures sur le chemin de crête,
- vérification de la non prolifération de la végétation arbustive sur digue et du non encombrement des exutoires de drain.
- détection de bourrelets, fissures, amorce de glissement, résurgences sur le parement aval
- état des ruissellements dans les fossés aériens des pieds de digues et dans le réseau de drainage souterrain aval connecté au filtre interne et au tapis drainant subhorizontal de la digue.
- état des parements, évolution des fissures
- efflorescences, venues d'eau,….
- fonctionnement du dispositif de collecte et d'évacuation des eaux de drainage de l’ouvrage
- état et évolution des joints
- une équipe hydraulique électromécanique (HEM) constituée à minima par un ingénieur exploitant, 1 chef maintenance et 1 électromécanicien. La visite technique est relative notamment aux points suivants :
- état général de la structure des vannes et des systèmes de manœuvre ( corrosion,…)
- état des joints (usure, déchirure,…)
- niveau de fuite
- en fonction des conditions d’exploitation du moment, des essais de fonctionnement sont effectués sur les vannes ainsi que sur le groupe électrogène de secours associé à l’ouvrage visité.
Un compte rendu est élaboré et indique les suites à donner aux constatations effectuées lors de la visite technique en terme de surveillance, exploitation, entretien, auscultation, diagnostic et, le cas échéant, confortement ainsi qu’un avis sur l’urgence de ces actions.

Bassin de dissipation d’énergie de la restitution du lac Marne (GGC)

Parement amont digue de Brévonnes – lac Aube ( GGC)

Intérieur souterrain du canal d’amenée du lac Seine (GGC)

Intérieur poste de commande de la prise d’eau du lac Aube (HEM)

Vanne segment de réglage – prise d’eau du lac Aube (HEM)

Conduite de la Morge du lac Seine (HEM)

Clapets de l’évacuateur de crues du lac de Pannecière (HEM)
L’étude de danger
L’étude de danger d’un barrage est une « photographie » du niveau de sécurité de l’ouvrage à un instant donné et est adaptée à la complexité de l’ouvrage et à l’importance des enjeux pour la sécurité des personnes et des biens.
Notamment, elle identifie et caractérise les risques en termes de probabilité d’occurrence, d’intensité et de cinétique des effets et de gravité des conséquences et présente les dispositions prises pour réduire les risques qui s’intitulent fort justement des « barrières de sécurité ».
Le contenu de l’étude danger qui doit être réalisée par un bureau d’étude agréé est précisé par l’arrêté du 12 juin 2008.
La revue de sûreté
Préalablement à la revue de sûreté est effectué un examen technique complet de l’ensemble de l’ouvrage y compris les parties habituellement noyées ou difficilement accessibles ou observables sans moyens spéciaux. Antérieurement, cet examen était dénommé « vidange décennale de l’ouvrage »
La revue de sûreté est un constat périodique du niveau de sûreté d’un ouvrage qui intègre toutes les données connues et notamment les conclusions de l’examen technique complet et de l’étude de danger.

Vidange décennale de Pannecière fin 2001

Vidange décennale Marne fin 2003

Vidange décennale Aube fin 2005
Ces cinq documents sont soumis périodiquement aux services de contrôle (services préfectoraux) et des visites annuelles des ouvrages ont lieu en leur présence.
La fréquence de fourniture de ces documents est graduée en fonction de la classe de l’ouvrage et est à minima :
Classe | A | B | C | D |
Rapport de surveillance | 1 an | 5 ans | 5 ans | - |
Rapport d’auscultation | 2 ans | 5 ans | 5 ans | - |
Visite technique approfondie | 1 an | 2 ans | 5 ans | 10 ans |
Etude de danger | 2012 Puis 10 ans | 2014 Puis 10 ans | - | - |
Revue de sûreté | 10 ans | - | - | - |
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